Débat du mois- Les taux d’intérêt pratiqués en microfinance sont-ils trop élevés ?
-Dans le cadre des débats du mois, nous vous invitons à nous faire partager votre point de vue et à débattre sur un thème central de la microfinance-
La question des taux d’intérêt et de leur justification est un débat central de la microfinance. En effet, les taux pratiqués par les institutions de microfinance sont plus élevés que dans le secteur bancaire traditionnel. Ainsi, en moyenne, les institutions de microfinance appliquent un taux d’intérêt effectif annuel de 28,2%.
Beaucoup de législateurs, aussi bien que le grand public, ont eu du mal à accepter que les prêts de faibles montants accordés aux populations pauvres puissent être plus coûteux que les prêts commerciaux traditionnels. Car fournir des services financiers à des personnes à revenus modestes revient cher, particulièrement en proportion des montants concernés. En microfinance, les agents de crédit doivent ainsi rendre visite au client, évaluer sa solvabilité sur la base d’entretiens et effectuer un suivi rapproché et fréquent de ce dernier. Prêter 100.000 euros en prêts de 100 euros nécessitera donc bien plus de personnel que l’octroi d’un seul prêt de 100.000 euros. C’est d’ailleurs l’une des principales raisons pour lesquelles les banques n’octroient pas de “petits” prêts. Outre ces frais de fonctionnement, l’institution de microfinance doit aussi couvrir ses coûts de financement, c’est à dire rembourser l’argent qu’elle emprunte (en tenant compte de l’évolution de l’inflation et des taux de change) couvrir les pertes entrainées par les défauts de paiement et, enfin, mettre de l’argent en réserve pour se développer. La partie restante est consacrée au profit.
Du coté des clients, l’expérience prouve qu’ils sont prêts à payer des taux d’intérêt assez élevés pour s’assurer un accès permanent au crédit. En effet, généralement, la rentabilité des projets réalisés par le crédit s’avère bien supérieure au taux d’intérêt de ce dernier. Les entrepreneurs insistent également sur le fait que les alternatives- faire appel aux prêteurs sur gages ou aux usuriers du secteur financier informel –sont beaucoup plus pénalisantes pour eux. A titre d’exemple, dans le secteur informel, le prêt « 5/6 » aux Philippines permet aux entrepreneurs d’emprunter 5 pesos le matin pour en rembourser 6 en fin de journée, ce qui équivaut à un taux de 20% par jour ! Le microcrédit est également la seule source de financement disponible pour certains.
Mais accepter l’importance de l’indépendance financière des institutions de Microfinance ne met pas fin au débat portant sur les taux d’intérêt. En effet, on doit se demander si des taux d’intérêt couvrant des coûts déraisonnablement élevés sont acceptables. Comment définir un taux d’intérêt conforme à l’intérêt social ? Que pensez-vous du cas de l’institution de microfinance mexicaine Compartamos dont le taux annuel était de 85%, auquel venait s’ajouter 15% de frais à la charge du client ?
A mesure que beaucoup d’institutions de microfinance passent du statut d’organisation non gouvernementale à celui de banque commerciale, une autre problématique voit également le jour : comment s’assurer que les profits réalisés par l’institution serviront au développement de cette dernière, et ne viendront pas uniquement enrichir les seuls actionnaires de l’institution ?
Marine Forni
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mai 15th, 2009 at 8:29
La solution qui me semble la plus judicieuse a mettre en place est le plafonnement des taux. Meme si il y a quelque Sannées cette solution était très critiquée. C’est un bon moyen de contrôler les iMF. IL suffit de trouver un taux qui ne porte pas atteinte aux petites iMF et qui punissent des couts exécessifs.
mai 15th, 2009 at 8:35
Quelqu’un a vu le reportage d’Envoyé Spécial sur les banquiers des pauvres? Les journalistes ont fait bcp d’erreurs& approximations..;
mai 16th, 2009 at 2:10
Effectivement, la question du taux d’intérêt est une des problématiques en microfinance. La question est autant plus importante qu’elle suscite de certains auteurs comme l’une des limites à laquelle la microfinance ne saurait trouver de réponse. A voir les taux d’intérêt aussi l’on n’est pas loin des taux usuriers. Hors la microfinance serait une solution à ces taux usuriers par la suite une solution à l’inaccessibilité d’une marge de la population importante dans les pays en développement.
Lorsque l’institution de microfinance s’installe pour la première, les prêts alloués sont en général à des taux relativement bas. Au fur et à mesure recherche son indépendance financière et d’être une institution rentable viable et pérenne, elle dévie son objectif principal qui l’accord de services de proximité à des services à des populations pauvres. De plus en plus les études d’impact ont montré que la microfinance ne toucherait les plus pauvres des pauvres mais plutôt les moins pauvres de la population. L’objectif principal serait donc délaissé au profit de la recherche de rentabilité au travers des taux créditeurs élevés, de même des conditions d’accès inaccessible aux plus pauvres des pauvres. La problématique des taux d’intérêt est une question centrale à laquelle les institutions de microfinance devront faire face pour concrètement aux besoins effectifs de leurs clients et d’atteindre les objectifs qui leurs sont fondamentalement assignés. Des taux d’intérêts conformes à la particularité des activités et des populations bénéficiaires pourraient être profitables à ces derniers qu’à l’institution elle-même. Des taux excessifs sont de nature à engendrer des taux remboursements faibles.
S. A
mai 18th, 2009 at 7:59
Effectivement, je pense aussi que la question des taux est centrale pour les IMF.
Trop fort il risque de grever la rentabilité des projets que l’IMF finance
Trop faible l’IMF n’est plus indépendante financièrement et ne peut plus investir dans des projets sociaux.
Si mon interprétation des publication du CGAP sont corrects, les taux proposés par les IMF sont déterminer à partir des coûts de transaction et des taux auxquels les IMF ont accès pour se refinancer.
Pour baisser les taux tout en conservant son indépendance financière, une IMF a donc deux possibilités :
1-Baisser ses coûts de transaction
Ceci risque de se faire au détriment des bénéficiaires - puisque ces coût comprennent toutes les actions nécessaire à l’établissement et au suivi du prêt et l’accompagnement du bénéficiaire.
Des optimisations et des avancées technologiques pourraient améliorer les méthodes de travail et ainsi abaisser certains coûts en respectant les principes d’accompagnement propre au secteur.
2-Trouver des sources de financement moins coûteuse
Une IMF n’a pas vraiment la possibilité de modifier les taux auxquels elle a accès. Elle peut seulement faire le choix d’une source de financement ou d’une autre. à première vue, je vois deux possibilités pour baisser ces taux. Soit une règle permet aux IMF d’accéder à des taux bonifiés soit l’IMF trouve des sources de financement moins coûteuses. Internet et le P2PSocial lending apporte une part des réponses.
Nikopol.
mai 19th, 2009 at 6:52
C’est vrai que le taux d’interêt au niveau des institutons de microfinance sont très élévés. Cependant on ne doit pas omettre les raisons qui conduisent ces institutions à agir de la sorte. Pour trouver une solution à ce problematique, il faut faire de tel sorte que les prêts accordés aux imf soient de moindre coût, aussi, puisque tout le monde reconnait de nos jours que les imf sont les leviers qui permettent de booster les pays en voie de developpement vers un avenir économique viable et acceptable, alors les Etats doivent permettre à ce que ces taux d’interêts soient hors taxe afin que les bénéficiaires gagnent leur crédit moins chers. Il faut aussi que les imf octroient des crédits de courtes durée. Car, une imf qui donne un crédit de une année et plus n’aide pas ses clients si toutefois le taux pratiqué est mensuel et constant. Elle étouffe au contraire son client par ce que son statut de pauvre et l’activité a réalisé ne lui permettra de supporter une longue échéance. Une longue échéance entraine plusieurs sorties sur le cite du client; plusieurs sorties entrainent beaucoup de charges, et qui va supporter ces charges? Le client! biensûr, et comment? on augmente le taux pour ce faire. Soyons responsables et limitons les échéances de nos crédits à 6 mois maximum. Aprés avoir remboursé cela, le client peut prétendre à un autre prêt. Merci de m’avoir permis de donner mon avis
mai 19th, 2009 at 11:09
@ soulama
En fait il serait intéressant de savoir qu’elle est la fiscalité moyenne des profits de l’IMF. Bon ca doit varier en fonction des pays. Et à ce moment là il faudrait que ces profits ne soient pas imposable ce qui pourrait baisser les couts des IMF et donc les taux d’intérêt. Après est-ce possible??
mai 19th, 2009 at 8:04
Bonsoir,
N’ayant pas de réponse à apporter, je pose uniquement la question :
Quel serait être l’impact d’une amélioration de la gestion du risque sur les taux?
Nikopol
PS: J’ai lu attentivement les commentaires ils sont tous très intéressant merci
mai 20th, 2009 at 7:33
Bonsoir,
Si on cherche à réduire le risque des clients que faire? Prendre des garanties, c’est aussi un débat de fond en MF. Si on décide de prendre des garanties pour diminuer le risque du client est-ce qu’on ne s’éloigne pas de l’esprit de la MF basé sur la confiance?
mai 21st, 2009 at 1:36
Bonjour,
J’ai trouvé tous ces débats intéressants et je suis d’accord que la question du taux d’intérêt est centrale de nos jours en microfinance. D’aucun pense que les taux d’intérêt sont élevés, cela peut paraitre vrai. Cependant il faut le rapprocher à la rentabilité des activités financées. En effet si je prend le cas de l’Afrique de l’ouest, la microfinance intéresse principalement le secteur informel. La rentabilité des activités dans ce secteur est très élevée et peu atteindre pour certaines activités juste qu’à 75%. Le problème pour la plupart des clients des IMF n’est pas forcement une question de TAUX mais plutôt une question d’accessibilité au micro crédit.
Cela ne devrait pas justifier des taux d’intérêt élevés.
Pour une maitrise des taux il faut comme certains ont eu à le dire:
1- la maitrise des couts qui passe forcement par la professionnalisation du secteur et l’introduction des solutions informatiques;
2- les économies d’échelle. Les IMF sont de petites tailles ce qui ne favorise pas une économie de cout à l’échelle de de production;
3- la diversification de l’offre de produits financiers.
mai 21st, 2009 at 3:06
Je suis directeur d’une institution de microfinance qui intervient essentiellement en milieu rural et la question du taux d’intérêt constitue une préoccupation majeure pour moi. C’est pourquoi je m’inscris pour ce forum.
mai 29th, 2009 at 5:39
Oh que oui!!!!!!!!!!!! Je trouve ces taux à la limite de l’usure! Pourquoi? je m’explique:
Bien que les professionnels du microcrédit et ceux qui les défendent et accompagnent (comme le Président de Planet finance) avancent l’explication de l’addition ou multiplication des coûts individuels de microcrédits par emprunteur, pour expliquer cette dragée haute des taux par rapport aux taux de crédits traditionnels, je trouve les différentiels excessifs!!! (ils varient entre 15 et 30% environ des taux directeurs des principaux marchés financiers); quand on se rappelle que la plupart de ses professionnels prétendent ainsi “lutter contre la pauvreté”, on a plutôt envie de croire qu’ils veulent “s’enrichir sur la pauvreté”.
De plus, ils prétendent les apporter un accès au crédit que les pauvres n’auraient reçu nulle par ailleurs, car excluent du système bancaire traditionnel. Pourtant subsistent dans la plupart des cas des garanties matérielles et/ou solidaires. Le microcrédit semblent déjà être un échec, tout au moins pour cet objectif de lutte contre la pauvreté, car il permet difficilement l’accumulation du capital. Il faudrait déjà à mon avis repenser ce système
juin 4th, 2009 at 7:30
Les taux sont élèves par rapport a quoi? a quel taux ? il faut chercher le référentiel de cette affirmation. J’imagine que la comparaison se fait par rapport au secteur bancaire, mais il faudrait clarifier les choses tout en restant objectif et en oubliant pas que les taux varie d’un pays a un autres. les institutions de microfinance fonctionnent de façon très différentes des banques, leur activité mobilise un nombre élèves de ressources par rapport à ceux des banques, elles (les institutions) octroient de très petits prêt qui engendre des cout élève cout relative au suivi, des charges exploitations. au vue de tous ces éléments l’on peut constaté des taux d’intérêt dans le secteurs de la microfinance relativement élevé par rapport a ceux du secteur bancaire; je dis relativement car il faut avouer que certaines institutions ont des taux élevés.
Pour répondre la réaction de NANDOO
Le microcrédit s’octroie sans garantie réel la seule garantie est la confiance à des groupes qui sont solidaire réciproquement, c’est à dire que chaque membre du groupe s’engage a rembourser les prêts des autres membres. Aujourd’hui le microcrédit permet a plusieurs personnes dans le monde de sortir des leurs situation précaire, moi je ne parlerais pas d’échec mais de mauvaise utilisation de cette outils. Les exemples de l’efficacité du microcrédit sont visibles de partout le monde.
A mon avis le microcrédit ne peut a lui seule lutter contre la pauvreté il faudrait innover par la création d’outils en vue de venir en aide aux personnes pauvres
juin 4th, 2009 at 11:59
I really liked this post. Can I copy it to my site? Thank you in advance.
juillet 6th, 2009 at 8:56
Great post!
octobre 27th, 2009 at 7:46
Bonjour, ce post est très intéressant.
Non seulement cex taux d’intérêts très élevés peuvent entrainer les emprunteurs dans la spirale du sur-endettement (cf. reportage d’envoyé spécial sur la microfinance du 14 mai 2009, j’ai noté le commentaire concernant les approximations des journalistes mais je pense qu’ils souvlèvent tout de même quelque chose de bien réel), et également la perte de l’âme de la microfinance, son but originel, davantage philantropique que capitalistique.
Dans un de mes articles, je traite le problème de la professionnalisation du secteur qui risque de contribuer à la perte d’efficacité de l’outil, à savoir l’empowerment de ses clients.
mai 17th, 2010 at 8:55
Les prêts octroyés par des entreprises en micro finance sont très chers. Les taux d’intérêt sont énorme par rapport au banque. Mais pour les micro-entreprises qui ne possèdent pas de garanties ou ne peuvent avoir de prêt en banque, ces micro finances sont un véritable secours pour leur comptabilité. La comptabilité de ces entreprise accuse toujours une augmentation de charges et une diminution des produits.
juillet 22nd, 2010 at 4:31
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